C'est le souvenir, qu'elle savoure. Seule. Plongée dans un moment sépia de sens.
C'est à l'intérieur, qu'elle divague. Lui. Elle imagine avec précaution sa présence.
Doucement, sans rien brusquer, parce que la mémoire se délecte toujours au ralenti lorsqu'il s'agit de s'abandonner à ce douloureux plaisir. Elle reconstruis des images derrière l'écran noir de ses paupières. Des sensations, parfois éphémères, parfois bien encrés comme si elle les avaient toujours éprouvée. Des photos, des rêves condensés.
Mais comme toujours, elle ne s'en contente pas. La tentation la pousse a vouloir voir plus loin, juste un petit peu plus loin. À quoi bon? Elle n'arrives pas à recréé le son de sa voix avec justesse, ni la sensation de son souffle au creux de son oreille. Elle tend donc les mains. Le toucher ne suffit pas. Que de la roche sous ses doigts frêles en quête de cette chaleur absente.
Elle ouvre les yeux, soupire d'une pointe de déception.
C'est l'une de ses journées où le rêve ne veux pas la comblée. Où la réalité la rattrape et que l'absence est trop crue, trop évidente.
Son regard se perd dans le vide d'un lourd silence.
Et le vent se fait distant pour lui plaire.
(c) snowhite